AARo | Gendarmerie et logements de fonction |Belleville|

Gendarmerie et logements de fonction |Belleville|

Un lieu républicain …                                      … à réinventer

 

Réinvestir le site de la gendarmerie de Belleville, c’est accordé un espace digne, pratique et fonctionnel à un équipement public républicain pilier indispensable à notre démocratie.
C’est également se confronter à une trame urbaine pour le moins singulière faite de différentes strates spatiales ou historiques conférant au lieu une complexité tant fonctionnelle qu’identitaire.
 
Repenser une gendarmerie, accueillante et confortable suppose une intervention architecturale signifiante et explicite. Cette mission ne s’envisage pas comme une nouvelle réparation des désordres esthétiques et fonctionnels, mais comme l’occasion de réinventer ce lieu dans l’évidence et la simplicité qu’il exige.

 

Un ordre urbain …                                             … refondé

Le site est emblématique : l’entrée Sud de la commune; une présence physique contraignante des infrastructures qui cloisonnent le territoire ; un tissu urbain distendu, discontinu qui n’offre pas d’axe de composition évident.
Le point de départ consiste en l’analyse croisée des options proposées antérieurement dans les études de définition et de faisabilité. Ce schéma d’aménagement fonctionnel est alors réinterrogé par une confrontation méthodique aux enjeux rappelés dans le cahier des charges, pour hiérarchiser les axes d’évolution du plan, son inscription dans le devenir urbain, notamment à l’Est de parcelle.
 
Ainsi il s’agit de préciser le parti d’aménagement de manière à :
– garantir le parfait fonctionnement des deux éléments de programme majeurs que constituent le pôle gendarmerie et les logements: ces bâtiments structureront le quartier, en seront les locomotives.
– inscrire le plan de masse dans la plus grande cohérence anticipant les prochaines mutations du tissu d’habitat individuel à l’Est du site.
– optimiser le travail de couture urbaine dans le contexte des grandes infrastructures d’entrée de ville.
– repérer et qualifier les lieux et éléments de programme susceptible de porter le mieux l’ambition identitaire de cette opération d’intérêt national (bâtiments et espaces publics).

 

Une échelle…                                                     … de transition

La parcelle du projet, en L dont la limite Ouest est à définir dans le cadre du projet, offre un front de façade largement ouvert sur le Boulevard Rosselli, identifiable depuis le carrefour de la route nationale, une limite Sud bordée de pavillons, une limite Est étirée tout au long d’une propriété appelée à muter à court terme.
 
L’étude du projet s’est attachée à faire de ces bâtiments à la fois un signal urbain, le long du boulevard, dans sa partie publique, puis assurer une transition douce entre le bâtiment de l’actuelle gendarmerie et les maisons plus au Sud.
 
S’intégrant dans la continuité paysagère du boulevard urbain, la gendarmerie est posée dans le fil de la route, pour avoir sa plus grande longueur qui s’ouvre à l’Ouest à la vue des automobilistes, l’effet signal est lié à une notion de déplacement.
 
Calée au plus près de la limite Nord, tout en préservant le recul nécessaire à son statut, le bâtiment de la gendarmerie est conçu comme une enceinte fermée autour de sa cour de service. Outre les qualités fonctionnelles qui seront par ailleurs détaillées, ce parti permet d’imposer sa présence par sa masse, à défaut de sa hauteur, programmée  à simple rez-de-chaussée.
 
Évitant tout signal architectural gratuit, le projet affiche sa stature par son empreinte, sa rigueur, l’ordre de sa composition, à l’image des valeurs qu’il abrite.
 
A l’inverse de l’enveloppe monolithique des locaux affectés à la gendarmerie, les logements de fonction sont conçus en trois petits blocs, de deux niveaux sur rez-de-chaussée, partiellement rehaussés d’un étage d’attique.
A l’échelle urbaine ils organisent la transition entre la rudesse de l’architecture d’après-guerre des anciens bâtiments de la gendarmerie et la morphologie pavillonnaire qui s’étend plus au Sud.
 
Ces bâtiments sont conçus comme de « grosses maisons » abritant de sept à huit logements, et leurs surfaces annexes, caves et garages à rez-de-chaussée. Cette configuration murement pesée, densifie certes la surface d’emprise au sol, mais permet de s’affranchir de la construction d’un sous-sol, de son coût de réalisation, de gestion … etc…
 
Les logements intègrent également la spécificité des occupants qu’ils accueillent : Les familles d’une brigade de gendarmerie. Solidaires, soudées ces familles vivent comme une communauté sociale ; les espaces répondent à cette singularité en offrant une liaison piétonne continue Est – Ouest à rez-de-chaussée, liant l’ensemble de ces blocs distincts en un îlot perméable.
 
Les espaces extérieurs, en communication permanente avec cette  « colonne vertébrale » fonctionnelle, sont offerts à autant d’usages communs que les occupants imagineront, aires de rencontres, de jeux, de cuisines extérieures… etc…
 
La compacité des volumes notamment dans une perspective environnementale, cible énergie, a été privilégiée tout en maintenant une diversité de leurs articulations, pour ne pas générer une monotonie mal perçue par les usagers.
 
La continuité sur rez-de-chaussée est contrebalancée par une discontinuité des ouvertures et du rythmes des balcons en étages.
Cette alternance de creux et de pleins des balcons, des rythmes de panneaux opaques ou vitrés à l’arrière-plan créent la richesse et la diversité dans l’unité d’un front de façade.